traductions / translations

Vanessa Thompson
Contrôle policier en Europe.
Justice antivalidiste et care abolitionniste intersectionnel

Au cours des dernières années, au sein du militantisme et de la recherche sur la race et le contrôle policier, les intersections entre santé mentale et violence punitive ont fait l'objet d'une attention croissante. La justice antivalidiste et les approches intersectionnelles ont soutenu que les catégorisations et les discours entourant les diverses formes de handicap sont profondément enracinés dans les projets colonialistes et esclavagistes, ainsi que dans leurs prolongements. Or ces discours sont fortement mis à contribution dans les logiques et les pratiques contemporaines du contrôle policier, alors même que les personnes racisées qui s'identifient ou sont catégorisées comme folles, neurodivergentes, malades mentales, survivantes de la psychiatrie et/ou handicapées, sont particulièrement vulnérables au harcèlement et aux violences policières. Cet article examine la manière dont le contrôle policier est indissociablement lié aux discours sur le sanisme, défini comme l’oppression institutionnelle et systémique des personnes s’identifiant comme malades mentales, diagnostiquées ou perçues comme telles. Il existe là un lien étroit dont il est essentiel de tirer les conséquences pour la pensée et la pratique abolitionnistes intersectionnelles. En mettant l’accent sur une analyse féministe noire et abolitionniste en dialogue avec la justice antivalidiste intersectionnelle et les mad studies, l'autrice soutient qu’un engagement politiquement responsable envers la critique de la rationalité saniste du contrôle policier des vies noires a des implications importantes pour la pensée et l’activisme abolitionnistes intersectionnels en tant que formes de care pour les vies noires.

2020 / traduction 2026

Asia Bazdyrieva
Pas de lait, pas d'amour

La guerre russe contre l’Ukraine est indissociable de la vision impérialiste (et donc coloniale) de l’Ukraine comme territoire-ressource : un espace de transactions, d’échanges matériels, de rapports d’extraction et d’épuisement. Et le problème – je dirais même la tragédie, étant donné les circonstances – est qu’il y a deux puissances coloniales en jeu ; et là où l’une tue activement, l’autre exploite jusqu’à la dernière miette avant de laisser mourir et le peuple et la terre. Toutes deux considèrent l’Ukraine comme un pays sans sujet, sans voix, comme un pur territoire.

2022 / traduction 2022